mardi 10 avril 2007

Le marathon des négos se poursuit (Journal de Québec)

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Taïeb Moalla
Le Journal de Québec
10/04/2007 06h34
«Les espoirs d'en arriver à un règlement sont très bons», a indiqué Martin Courval, président du syndicat des chargés de cours de l'Université Laval, dont les membres sont en grève depuis le 14 mars.
Après une pause pour le congé pascal, les pourparlers ont repris à un rythme effréné, dès hier matin.
«Nous nous sommes rencontrés séparément avec la conciliatrice ce matin (hier). Et nous nous voyons face-à-face en après-midi», a précisé M. Courval.
Hier soir, vers 23 heures, les deux parties étaient toujours autour de la table des négociations. Aucune information supplémentaire, sur la teneur des discussions, n'a filtré.
Du côté de la Confédération des associations d'étudiants et d'étudiantes de l'Université Laval (CADEUL), Isabelle Barrette, chargée des communications, a rappelé la position de neutralité adoptée par la Confédération. «Mais ça commence à être urgent (d'en arriver à une solution)», a-t-elle signalé. Ce vendredi, un caucus des associations étudiantes permettra à la CADEUL de se prononcer de nouveau sur la position à prendre dans ce conflit de travail.
Le 3 avril, les chargés de cours ont rejeté à 80 % l'offre «finale» de la direction de l'Université. La question du rattrapage salarial avec les chargés de cours des autres universités constitue le principal point d'achoppement sur lequel butent les parties.
À l'Université Laval, le tiers des cours de premier cycle ne sont plus donnés depuis un mois. Dans un communiqué diffusé vendredi, l'Université a indiqué que des «mesures compensatoires» allaient être communiquées à tous les étudiants d'ici demain, au plus tard.

Vers un dénouement (Radio-Canada.ca)

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La conciliation reprise lundi entre l'Université Laval et le syndicat des chargés de cours a donné des résultats rapidement.
Une entente de principe a été conclue mardi matin sur les conditions de travail des chargés de cours. Les deux parties ont aussi convenu d'une entente pour le protocole de retour au travail des employés.
Cette entente met fin à la partie de bras de fer qui durait entre l'Université Laval et ses 2000 chargés de cours depuis le déclenchement de la grève, le 14 mars dernier.
Les chargés de cours devront se prononcer sur cette entente de principe qui leur sera présentée mardi soir à 19 h au cours d'une assemblée extraordinaire.
L'Université Laval quant à elle donnera un point de presse mardi avant-midi. La direction devrait faire connaître ses intentions, notamment en ce qui concerne le semestre des étudiants qui ont été privés de cours durant les dernières semaines.

Info-négo 10 avril

Une entente de principe est intervenue ce matin à 6h entre les deux parties. Nos négociateurs syndicaux présenteront cette entente ainsi que le protocole de retour au travail ce soir à 19h lors d'une assemblée générale spéciale convoquée à cette fin.

Nous vous aviserons par courriel de l'endroit de cette assemblée qui doit se tenir sur le campus.

Nicole Blouin,vice-présidente aux communications

lundi 9 avril 2007

Info-négo 9 avril

La négociation vient d’entrer dans une phase déterminante.

Il faut se rappeler que le président du SCCCUL Martin Courval et la conseillère syndicale Céline Lalande ont demandé vendredi à la conciliatrice, France Racine, de poursuivre la négociation avec l’Employeur pendant la fin de semaine de Pâques. Mais ce dernier n’a pas considéré cette demande préférant reporter toute rencontre après le congé de Pâques.

La conciliatrice a finalement convoqué les deux parties à une rencontre aujourd’hui à 13h30.

Soyez assurés que nous vous tiendrons informés de la situation à l’issue de cette rencontre.

Nicole Blouin, vice-présidente aux communications

Reprise des pourparlers (Radio-Canada.ca)

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Les chargés de cours sont en grève depuis le 14 mars
Après une pause de deux jours, les pourparlers entre l'Université Laval et le syndicat des chargés de cours en grève doivent reprendre lundi.
Les négociations entre les deux partis avaient été suspendues samedi. Le syndicat avait alors accusé son employeur de s'offrir un congé de Pâques et de refuser le dialogue. Les représentants de l'Université avaient, quant à eux, justifié cette interruption par l'intransigeance du syndicat qui, disaient-ils, refusait d'accepter les compromis acceptables.
L'Université soutient que les tentatives de la conciliatrice du ministère du Travail pour rapprocher les deux parties se sont avérées infructueuses.
Selon un communiqué laconique émis dimanche par l'Université Laval, l'institution commence à désespérer qu'une entente soit enfin conclue avec le syndicat de ses 2 000 chargés de cours en grève depuis maintenant trois semaines.
Par ailleurs, étant donné le piétinement des négociations avec le syndicat des chargés de cours, l'Université Laval offre finalement deux options aux étudiants désireux de sauver leur session. Ces derniers peuvent, ou bien accepter les mesures mises en place par des professeurs-cadres, ou encore, obtenir un crédit sur les droits de scolarité afin de reprendre leurs cours à une autre session.

dimanche 8 avril 2007

Trève de négo "inacceptable" (Le Soleil)

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SELON LES CHARGÉS DE COURS
Trêve de négos « inacceptable »
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Les négociations entre l’Université Laval et le syndicat des chargés de cours ont été suspendues pour la fin de semaine. Une situation jugée « inacceptable » par le syndicat.Dans un communiqué diffusé hier, l’Université Laval écrit que « la conciliatrice France Racine a décidé vendredi soir de suspendre momentanément les négociations entre l’Université Laval et le syndicat des chargés de cours car elle n’a pas été en mesure de dégager des pistes de règlement rencontrant les priorités des parties ».L’Université précise que cette décision a été prise après quelques rencontres de travail tenues les 5 et 6 avril avec chacune des parties. « À la demande du syndicat, l’Université Laval a accepté la tenue d’une nouvelle rencontre le lundi 9 avril », peut-on encore lire dans le communiqué.
Le président du syndicat, Martin Courval, dit avoir appris que les négociations ont été suspendues parce que la direction de l’Université préférait prendre congé à Pâques. « Franchement, j’ai de la misère avec ça. On est 2000 employés en grève, il y a des milliers d’étudiants qui attendent, et l’employeur veut profiter du congé de Pâques ! On devrait être dans un blitz de négociations à l’heure actuelle, et ce n’est pas ça qui se passe », a pesté M. Courval tout en réitérant que le syndicat était « prêt à négocier et à régler ».M. Courval a écorché au passage le recteur de l’Université Laval, Michel Pigeon, à qui il reproche de ne jamais rendre ses appels et de ne pas prendre position dans le conflit des chargés de cours. « Dernièrement, il a annoncé des surplus bugétaires et dit que cet argent permettra d’embaucher de nouveaux professeurs. On n’a rien contre l’embauche de nouveaux professeurs, mais le recteur pourrait-il aussi se soucier de ce qui se passe avec les chargés de cours ? », a dit M. Courval, qui invite M. Pigeon à assister aux négociations pour qu’il puisse avoir une idée précise de la situation.Les chargés de cours présents à l’assemblée générale du 3 avril dernier ont rejeté à 80 % l’offre dite finale de la partie patronale. Selon eux, cette offre est inacceptable parce qu’elle ne prévoit pas de rattrapage avec les collègues des autres universités. Mesures compensatoiresLes chargés de cours de l’Université Laval sont en grève depuis le 14 mars. Au total, 32 % des cours de premier cycle sont paralysés. Dans son communiqué diffusé hier, l’Université rappelle que les étudiants ont été informés par courriel des mesures compensatoires mises en place en raison de la grève (remplacement des chargés de cours par des cadres, par exemple) afin de les aider à compléter leur session. « Pour plusieurs programmes, ces mesures ont déjà fait l’objet de discussions avec les associations départementales ou facultaires et sont déjà connues des étudiants, précise-t-elle. Plusieurs de ces mesures sont déjà en application. Pour les autres programmes, elles seront communiquées aux étudiants concernés au plus tard le mercredi 11 avril. L’ensemble de ces mesures ont été validées par des conseillers juridiques afin de s’assurer qu’elles respectent en tous points les lois en vigueur, dont le Code du travail. »

samedi 7 avril 2007

Info-négo 7 avril

Malgré le rejet à 81% de l’offre patronale par les chargés de cours
présents à l'assemblée générale du 3 avril dernier, l'employeur reste
campé sur ses positions. Il y a eu des tentatives de rapprochement des
parties, par la conciliatrice France Racine, jeudi et vendredi jusque tard
dans la soirée, sans résultats significatifs. Le Syndicat a collaboré de
bonne foi, mais il semble que l’effort ne soit pas suffisant aux yeux de
l’Employeur.

Pendant ce temps, le recteur Pigeon ne répond pas aux appels du président
du SCCUL, Martin Courval. Pourtant il s'adresse à la communauté
universitaire en annonçant des surplus budgétaires et il ne juge pas utile
de prendre position sur le conflit de travail actuel qui touche plus de
2,000 de ses enseignants.

Quel dirigeant de la communauté universitaire! Depuis qu'il est en poste,
les relations du travail ne se règlent pas par la négociation mais
seulement à coup de conflits : grève des chargés de cours en 2003,
lock-out pour les maîtres de langues en mai 2006 et encore une grève des
chargés de cours en ce moment. Cette façon de faire représente des coûts
énormes non seulement en termes de qualité des relations du travail, mais
elle a aussi des impacts très importants pour les étudiants.

Dans le présent conflit, le syndicat a mis sur la table de négociation de
multiples propositions pour régler définitivement toutes sortes de
problèmes dans les unités en plus de rechercher une rémunération équitable!

Nous cherchons la reconnaissance et l'équité non pas avec les professeurs
de l'Université Laval, mais simplement avec nos collègues chargés et
chargées de cours des autres universités. Serait-ce être trop exigeants
que de nous attendre à un minimum de respect de la part de notre employeur?

Nous prévoyons reprendre nos discussions avec l'employeur au début de la
semaine prochaine.

Comité de négociation
SCCCUL

Le vidéo du jour

Une nouvelle parodie se trouve ici.

Lettre ouverte au comité executif

Lettre ouvert au Comité exécutif de l’Université Laval


Monsieur le recteur,

Mesdames, Messieurs,


Après trois semaines de grève, les chargés de cours ont été convoqués mardi pour se prononcer sur «l’offre globale et finale» que vous avez demandé à votre Comité de négociation de nous présenter. Sans la moindre proposition de protocole de retour au travail, vous espériez que nous allions accepter une offre qui manifeste, en fait, du mépris.


Dans tous les journaux, nous avons pu lire que vous nous proposiez un rattrapage salarial de 16, 84%. Lorsque j’ai lu ce chiffre et votre mention nous assurant que vous avions la parité avec les autres chargés de cours de la Province, j’ai poussé un soupir de soulagement. «Enfin, me suis-je dit, ils ont compris! Enfin, je vais revoir mes étudiants, reprendre mes cours et terminer la session aussi bien que possible».


Quelle naïveté! Lorsque j’ai lu avec soin vos demandes et vos refus à nos propres demandes, j’ai été, comme 80 % de mes collègues les plus touchés par cette grève, déçue et révoltée.

Vous vous êtes bien gardés de préciser que, pour le même salaire (ils n’ont pas de hausse de salaire), les chargés d’enseignement allaient devoir assurer 10% de plus en tâches liées. Vous avez tu le fait que vous ne vouliez pas que nous soyons systématiquement représentés dans les comités de programme où nous enseignons (les étudiants et les professeurs le sont, eux). Tu également le fait que, lorsqu’une unité crée un comité de travail, vous ne vouliez pas nous payer pour les heures effectuées (il est vrai que le bénévolat est une fort belle activité). Tu aussi le fait que, lorsqu’un étudiant handicapé demande plus d’encadrement de notre part, vous ne vouliez pas nous rémunérer en conséquence. Et la clause «remorque», qui assurerait que nos conditions évoluent systématiquement comme celles des autres chargés de cours de la Province? Refusée ! Cela parmi tant d’autres rebuffades…


En fait, vous refusez avec un soin maniaque tout ce qui peut contribuer à l’intégration des chargés de cours. Ce à quoi vous ne semblez pouvoir vous résigner, c’est nous considérer comme partie prenante de l’Université, enseignants à part entière. La réalité des années 80 (où les chargés de cours n’étaient que des substituts temporaires) est révolue. Ce n’est plus cette situation qui prévaut aujourd’hui. Au lieu de faire de nous des alliés et d’assurer ainsi le fonctionnement de l’université, vous nous combattez, vous cherchez à nous écraser. Au lieu de nous donner les moyens (et ils ne sont pas que financiers) d’œuvrer pour nos étudiants, vous nous donnez des conditions d’encadrement désuètes. Que diriez-vous de créer des passerelles pour permettre aux chargés de cours qui ont les diplômes appropriés d’avoir la priorité pour les postes de professeurs ? Allez-vous commencer une crise d’urticaire à cette seule idée ?


Ce mépris que nous avons ressenti ne peut rien vous apporter. Comment se fait-il que vous persévériez dans cette voie? Rien n’a changé depuis trois ans. Peut-on espérer que votre regard sur nous évolue enfin? Ou faudra-t-il une autre équipe, une autre tête à l’Université pour qu’elle se dirige vers plus de respect ?

Pensez-y. Dans trois ans, nous serons encore là.


Anne Fonteneau, chargée de cours, et fière de l’être

vendredi 6 avril 2007

Info-négo 6 avril

Il y a eu rencontre de négociation entre les deux parties hier.


La partie patronale a travaillé de son côté de 14h à 21h avec la conciliatrice et a rencontré ses mandataires en fin de soirée.


La conciliatrice vient de demander au président du SCCCUL, Martin Courval et à la conseillère syndicale, Céline Lalande, de les rencontrer en fin d’avant-midi aujourd’hui.

Pourquoi je supporte la grève des chargés de cours...

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Le vendredi 06 avril 2007

Pourquoi je supporte la grève des chargés de cours...

Carl Grenier

Chargé de cours en science politique
et gouverneur de la Fondation de l’Université Laval

Comme bon nombre de mes collègues qui ont une activité professionnelle extra universitaire, activité qui est souvent directement reliée à leur engagement comme chargé de cours, je me suis trouvé du côté patronal pour presque toute ma vie active. D’abord comme haut fonctionnaire au gouvernement fédéral et ensuite à Québec, et plus récemment comme dirigeant d’un groupe pancanadien d’entreprises manufacturières, j’ai eu à défendre des intérêts publics et privés contre les attaques de gouvernements et de groupes étrangers dans le domaine du commerce international.

Plusieurs amis et parents m’ont dit leur étonnement de m’apercevoir — à travers les médias, bien sûr — défiler avec une pancarte à la main sur les lignes de piquetage du syndicat des chargés et chargées de cours de l’université Laval (SCCCUL).

J'étais d'abord sceptique...





Je dois dire que c’est d’abord avec une bonne dose de scepticisme que j’avais répondu à l’appel du syndicat pour la réunion générale spéciale qui a décidé de moyens pouvant aller jusqu’à la grève, le 9 février. Je n’étais pas convaincu de la nécessité de faire pression pour le renouvellement de la convention collective des chargés de cours.

Avec le recul du temps, je crois que mon attitude s’expliquait essentiellement par ma conviction que l’Université Laval, que je fréquente à divers titres depuis 1963, ne pouvait pas être en opposition fondamentale avec les objectifs d’un syndicat comme le nôtre : dans mon esprit , nous poursuivons essentiellement le même but soit d’assurer une formation de la plus haute qualité possible à ceux et celles qui prendront la relève dans tous les domaines de connaissance qu’exige une société comme la nôtre.

De plus, la modestie des demandes syndicales, tant au chapitre des conditions de travail que de la rémunération, me portait à conclure que rien ne justifiait un blocage de la part de l’employeur, et par voie de conséquence, à l’utilisation de moyens comme la grève pour en arriver à une entente.

Concessions exigées par l'employeur

Je me trompais. L’exposé étrangement calme et dépourvu de rhétorique que nous fit l’exécutif du SCCCUL le soir du 9 février, était tout simplement renversant. Loin de discuter de bonne foi sur des bases communes pour en arriver à une entente satisfaisante pour les deux parties, l’employeur exigeait des concessions qui remettaient en cause des pans entiers de mesures déjà acceptées dans les conventions précédentes, comme l’allocation professionnelle, par exemple.

De plus, il mettait de l’avant des demandes qui, si elles s’avéraient, diminueraient considérablement le statut et, partant, l’importance de la tâche des superviseurs de stages. Ce point m’interpelle particulièrement : en tout début de carrière, j’ai enseigné au niveau primaire et secondaire. De constater que mon université s’attaquait directement à la qualité professionnelle du travail de ceux-là mêmes qui sont chargés de la formation des futurs enseignants, ne pouvait me laisser indifférent. Une telle attitude des dirigeants de l’université vient miner les fondations de tout l’édifice éducatif dont l’université elle-même n’occupe que le dernier étage.

Une pensée d'un autre âge

De plus, le saucissonnage infâme qui viendrait rémunérer différemment des tâches (préparation de cours, enseignement proprement dit, correction de travaux et d’examens) qui ont toujours formé un tout indissociable de la fonction enseignante, est caractéristique d’une «pensée» d’un autre âge, celui des premières chaînes de montage automobiles d’il y a un siècle, une «pensée» d’ailleurs supplantée dans l’industrie depuis longtemps par des approches holistiques plus susceptibles de mettre l’intelligence des travailleurs à contribution.

Je ne peux m’attarder ici sur le détail des nombreux points qui sont à régler dans toute négociation d’une convention collective; les sujets que je viens de mentionner ne sont que ceux qui ont retenu mon attention personnelle. Ce qui m’a surtout frappé dans l’exposé de notre équipe de négociation, le soir du 9 février, c’est plutôt l’attitude générale des représentants de l’employeur à la table de négociation :

• Nonchalance quant à l’échéancier;
• Absence de progrès véritables après plusieurs mois de négociation, sauf sur des points mineurs;
• Conciliabules interminables du côté patronal dénotant un manque flagrant de préparation ;
• Recours injustifié à la conciliation, une manœuvre dilatoire dans les circonstances.

Difficile de ne pas conclure à l’absence de mandat véritable de négocier de l’équipe patronale, une situation qui relève directement des autorités universitaires elles-mêmes.

Ce qui frappe le plus, c’est l’absence de reconnaissance de la part de l’université de l’apport des chargés de cours à l’accomplissement de sa mission fondamentale. Le philosophe et politologue Charles Taylor a brillamment démontré l’importance de ce phénomène de la reconnaissance dans tous les domaines des rapports humains. À la base même du fonctionnement des groupes sociaux et des institutions, la reconnaissance est le terreau indispensable à toutes les germinations, à tous les progrès, à toutes les ententes. Les conflits de toute nature font partie de la condition humaine, et c’est la vertu principale de la liberté de nos sociétés démocratiques de permettre la résolution pacifique de ces conflits.

Pourquoi laisser pourrir ainsi les relations de travail

Il faut se demander sérieusement quel objectif poursuit l’université en laissant ainsi pourrir ses relations de travail avec l’un des groupes-clé qui assure sa pérennité et son succès en tant qu’institution de haut savoir. Quel «avantage» l’Université Laval peut-elle retirer en s’attaquant aux plus vulnérables de ses enseignants, déjà les moins bien rémunérés de toutes les universités québécoises? Pourquoi laisser durer un conflit qui met en péril la réputation même de l’institution, qui est son actif le plus précieux?

De toute évidence, ce n’est pas l’impact budgétaire très modeste que l’amélioration graduelle des conditions de travail et de rémunération qui peut faire problème. Y-a-t-il un objectif plus large, qui viserait l’ensemble des employés de l’université, et dont les chargés de cours ne seraient que les premiers à subir une telle approche rétrograde?

Pour ma part, je me refuse à tout procès d’intention. Il incombe à ceux qui dirigent l’université, et au premier chef, à son recteur et a son conseil d’administration, d’expliquer publiquement leur comportement dans cette grève, qui entre maintenant dans sa quatrième semaine.

Je tiens cependant à souligner que si j’ai décidé de supporter l’action du SCCCUL, il me semble tout à fait évident que la très vaste majorité des mes collègues chargés de cours continueront de faire de même, comme l’a brillamment démontré le rejet à plus de 80% des «offres» patronales par l’assemblée générale spéciale du 3 avril. Inutile d’espérer de nous avoir à l’usure : donnez un vrai mandat de négocier à vos représentants, réglez cette grève avant qu’elle ne produise plus de dommages à votre réputation et au déroulement normal de la session pour nos étudiants.